Première session sur le nouveau pumptrack de Libourne : mes galères sur les bosses et ce que j’en retiens

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Cycliste débutant sur le nouveau pumptrack de Libourne affrontant les bosses lors de sa première session

Le frottement sec des pneus sur le revêtement neuf du pumptrack de Libourne m'a sauté au nez dès le premier appui. Depuis Région de Saint-Étienne, je suis parti 2 heures de route vers la Filhole pour cette première session, avec le VTT calé derrière le siège. J'ai été frappé par le grip, et j'ai failli me faire jeter dans le premier berm parce que mes réflexes de virage classique ont répondu trop vite. J'étais sûr de moi au départ, puis la ligne m'a rappelé que ce terrain ne pardonne pas les habitudes.

Je ne m'attendais pas à ce grip ni à ces virages si relevés

En tant que Rédacteur deux-roues, passionné de mécanique, je regarde d'abord le geste juste avant le décor. Je n'ai aucun diplôme ni certification professionnelle en mécanique, et je m'appuie surtout sur la pratique. J'ai 42 ans, je roule depuis 20 ans, et mes sorties se glissent entre le travail, la maison et mon enfant qui me demande toujours si j'ai encore abîmé un pneu. Je ne pars jamais avec du matériel tape-à-l'œil, alors mon VTT reste simple, propre, et je surveille chaque détail qui peut me faire perdre du rythme.

Avant de partir, j'avais relu les Fiches techniques constructeurs et mon manuel d'entretien, surtout pour vérifier la pression et la position des commandes. Je m'attendais à une boucle lisible, avec des bosses qui paraissent presque anodines à pied. Le format annoncé, revêtement neuf, virages relevés et relances courtes, me faisait penser à une séance propre, presque tranquille, et j'ai été convaincu d'avoir le bon tempo dès l'entrée. Sur d'autres spots, la vitesse pardonne un demi-tour de guidon, mais ici la boucle ressemble plus à un filtre qu'à une promenade.

Le premier choc, c'est le grip. Le revêtement neuf accroche avec un frottement sec des pneus, sans ce petit bruit de glisse qui me rassure d'habitude quand la piste est usée. Le berm me réclame un angle plus appuyé, et le pneu avant charge fort l'extérieur dès que j'entre trop droit. J'ai senti ça tout de suite, comme un rappel brutal que le vélo veut une trajectoire nette, pas une correction tardive.

J'ai fait l'erreur au deuxième passage, en arrivant un poil trop vite et trop droit dans le virage relevé. La roue avant a poussé vers l'extérieur, puis j'ai dû redresser en urgence avec un coup de buste maladroit, presque en travers du tracé. Je me suis retrouvé à regarder la roue avant au lieu de la sortie, et la ligne s'est refermée d'un coup. J'étais sûr de moi, puis j'ai compris que ce virage m'avait déjà lu.

Comment mes jambes ont vite chauffé et la roue avant s'est délestée sans prévenir

Les premières bosses semblent minuscules à pied, et c'est là que je me suis fait piéger. Une fois lancé, chaque creux me casse les jambes si je rate la compression d'un demi-temps. Au bout de 3 tours, j'ai senti que je pompais trop tard, parce que le vélo tapait le plateau suivant au lieu de repartir presque tout seul. La sensation dans les jambes change vite, entre souplesse et coup de raquette, et la moindre hésitation se paie cash.

J'ai aussi freiné juste avant un roller, par réflexe, et là la vitesse est tombée d'un coup. Le vélo s'est planté sur la bosse suivante, la roue avant s'est délestée, puis j'ai perdu tout l'élan en essayant de rattraper la ligne. Pas terrible. Vraiment pas terrible. À partir de ce moment, j'ai compris que le frein, sur ce tracé, me coupe plus qu'il ne m'aide, surtout au troisième module.

En 10 minutes, mes avant-bras ont commencé à chauffer, alors que mon souffle restait encore propre. Je serrais plus fort le cintre, et mon haut du corps bougeait d'avant en arrière dès que le pompage se dégradait. J'ai aussi tapé une réception trop haut sur la roue arrière, et le petit claquement sec m'a servi d'alerte immédiate. Quand la ligne était mauvaise, j'entendais aussi un frottement sale, bien différent du son net du revêtement bien pris.

La fatigue locale a fini par me prendre les cuisses, pas les poumons. Mes jambes brûlaient dans les compressions, surtout quand je restais assis une seconde de trop au creux d'une bosse. Dans ce cas, le vélo perd sa souplesse et la réception devient sèche, presque cassante. J'ai fini par me retrouver à faire le malin sur la ligne, puis à lutter pour rester propre sur les trois modules suivants.

Le moment où j'ai enfin compris qu'il fallait changer mon regard et ma technique de pompage

Le tournant est venu quand j'ai arrêté de fixer la bosse sous ma roue. Après plusieurs tours ratés, j'ai levé les yeux vers la sortie du berm, et la ligne a paru plus stable d'un coup. Le vélo aimait déjà mieux ça, parce que mon corps cessait de courir après le module suivant. Je me suis senti moins en lutte, plus en lecture du terrain.

J'ai corrigé mon pompage en poussant dans la descente de la bosse, puis en relâchant au sommet. La compression dans les jambes se fait là, dans le creux, quand je fléchis au bon moment et que le vélo repart presque seul. Dès que j'ai cessé de pédaler au mauvais endroit, la cadence s'est mise à tenir, sans casser le rythme. Le buste est resté plus calme, avec les genoux et les coudes souples.

Le résultat a été immédiat sur deux tours . Je gardais l'élan, je freinais moins, et j'enchaînais les rollers sans cette impression de couper le souffle à chaque réception. Le plaisir est revenu avec une sensation simple, presque physique, celle d'un vélo qui travaille avec moi. Là, j'ai compris pourquoi ce format en boucle peut devenir très prenant.

Ce que je retiens vraiment de cette session et ce que je referais ou pas

Depuis mes années comme Rédacteur deux-roues, passionné de mécanique, je sais qu'un tracé propre révèle tout de suite le moindre défaut de posture. Ici, le timing de pompage compte plus que la force brute, et le regard change tout. J'ai aussi vu que les progrès apparaissent très vite, par moments au bout de 3 tours, quand les mains cessent de tirer et que le vélo devient plus lisible. Mon travail de rédacteur deux-roues m'a appris à lire ce genre de détail avant de le juger.

Si je devais refaire la séance, je partirais plus court et plus net. Quinze minutes intenses m'ont paru plus utiles qu'un long enchaînement brouillon, parce que la fatigue locale arrive avant le souffle. Je garderais aussi un buste plus souple, avec une vitesse d'entrée déjà calée avant la ligne, au lieu de chercher à tout corriger dans les bosses. Et je ne freinerais plus entre deux modules, oui je sais, je m'étais juré de ne plus faire ça.

Je ne referais pas non plus l'erreur mentale du début, celle d'arriver sans me mettre dedans. Sur ce pumptrack, la première hésitation se paie dans les avant-bras, puis dans les cuisses, et l'envie de forcer sur la puissance n'arrange rien. J'ai appris à accepter une session courte, presque sèche, avec quelques passages propres plutôt qu'une lutte continue. C'est plus honnête avec le terrain, et c'est moins bête pour le vélo.

Quand je suis rentré en Région de Saint-Étienne, mon enfant a ri en voyant mes genoux poussiéreux et mes cuisses raides. À Libourne, cette boucle m'a laissé avec une meilleure lecture du relief et l'envie d'y revenir, même si je n'ai pas testé la partie BMX de compétition. Je ne sais pas si le même grip restera quand la piste aura pris de l'âge, et pour un réglage fin ou un doute sur le vélo, je laisse ça à un moniteur du club ou à un professionnel ; pour une réparation lourde ou une question de garantie, je ne m'improvise pas spécialiste. Pour quelqu'un qui accepte de se tromper sur les 3 premiers tours et de corriger sa posture, ce pumptrack m'a paru franchement formateur.

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La rédaction